Principes de communication engageante
Par Michel Gerard le jeudi, février 5 2009, 17:34 - Communication engageante - Lien permanent
Toute campagne de sensibilisation, en plus d’informer et de sensibiliser les collaborateurs, a pour objectif d'avoir un impact sur les comportements. On parle alors de communication engageante.
En 2005, nous avions mené, alors au sein de HAPSIS, des travaux sur le sujet, en collaboration avec Robert-Vincent Joule, Directeur du laboratoire de psychosociologie de l'université de Provence, reconnu pour ses travaux sur le sujet. Je vous livre ci-dessous un extrait du livre blanc que nous avions alors publié :
Comment agir efficacement sur les comportements ?
Depuis cinquante ans maintenant les chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (en particulier les chercheurs en psychologie sociale) s'intéressent à cette question.
Toute campagne de sensibilisation, en plus d’informer et de sensibiliser les collaborateurs, a pour objectif d'avoir un impact sur les comportements. On parle alors de communication engageante.
En 2005, nous avions mené, alors au sein de HAPSIS, des travaux sur le sujet, en collaboration avec Robert-Vincent Joule, Directeur du laboratoire de psychosociologie de l'université de Provence, reconnu pour ses travaux sur le sujet. Je vous livre ci-dessous un extrait du livre blanc que nous avions alors publié :
Comment agir efficacement sur les comportements ?
Depuis cinquante ans maintenant les chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (en particulier les chercheurs en psychologie sociale) s'intéressent à cette question.
Leurs recherches montrent d’abord les limites de l’autorité.
L'ombre du bâton disparu, chacun retrouve peu ou prou ses mauvaises habitudes. Cela peut facilement se comprendre. Si dans une organisation donnée un collaborateur se comporte dans telle ou telle situation comme un agent de pouvoir l’exige, il peut éviter d’en appeler à ses valeurs ou à ses propres motivations pour expliquer ce qu’il fait, car il dispose d’une raison « externe » toute prête : éviter une punition. C’est la raison pour laquelle les changements obtenus autoritairement ne sont pas durables. Si, en matière de sécurité, l’autorité est évidemment, nécessaire, elle n’est en aucun cas suffisante.
Les recherches montrent ensuite les limites de l’information et de la persuasion Pourtant, l’information et la persuasion, peuvent s'avérer très efficaces pour modifier les idées que quelqu'un peut avoir sur telle ou telle question. Malheureusement, il ne suffit pas d’avoir les « bonnes idées » pour avoir les « bons comportements ». Il ressort d’une très sérieuse étude longitudinale réalisée il y a quelques années aux Etats-Unis que la probabilité d’être fumeur à 17 ans n’est pas plus faible chez des élèves ayant pourtant suivi pas moins de 65 séances de « sensibilisation » entre 8 ans et 17 ans (condition expérimentale) - et donc parfaitement informés des méfaits du tabac – que chez des élèves n’ayant pas suivi ces séances (condition contrôle). Et cette étude n’est qu’une des très nombreuses recherches qui illustrent le décalage qu’il peut y avoir entre nos idées – en l’occurrence nos « bonnes idées » - et nos actes. Evidemment, cela ne signifie pas qu’informer ne sert à rien ou qu’argumenter ne sert à rien. L’information et l’argumentation servent incontestablement au fil du temps à modifier les savoirs, les idées, les attitudes et même, certainement, à provoquer de réelles prises de conscience. Il reste que, pas plus que l’autorité, elles ne sont suffisantes.
Heureusement les recherches montrent aussi qu’il suffit parfois de peu de chose pour passer des idées aux actes. Et les chercheurs n’ont pas manqué de faire de ce peu de chose un objet d’étude privilégié, si bien qu’on dispose aujourd’hui de tout un savoir scientifique sur lequel on peut s’appuyer pour gagner en efficacité. Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, deux chercheurs français réputés et auteurs de nombreux ouvrages, ont contribué à faire avancer les connaissances sur cette question. Dans leur ouvrage de référence, ils font état d’une bonne dizaine de techniques sur lesquelles on peut tabler pour aider autrui à modifier librement ses comportements (cf. Joule et Beauvois, 2002 ). Ces techniques passent pour la plupart par l’obtention d’un petit comportement, très facile à obtenir tant il est peu coûteux, mais qui va prédisposer celles et ceux qui l’ont réalisé à en réaliser d’autres, par la suite, bien plus coûteux. La dynamique de changement est ainsi enclenchée. C’est la raison pour laquelle ces petits comportements, qui sont à la base même du processus de changement sont appelés : « comportements préparatoires ». L'intérêt de ces techniques, est de conduire à la responsabilisation des acteurs qui en arrivent à prendre librement les engagements que l’on attend d’eux, à les assumer, et à intérioriser les traits ou les valeurs qui vont assurer la pérennité de leurs nouvelles conduites. C’est dire l’intérêt de ces techniques dont l’efficacité est démontrée dans de nombreux domaines de la vie sociale (cf. notamment, Joule et Beauvois, 1998 ).